Oscar Pistorius

 

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Oscar Pistorius

 

 Oscar Pistorius, 24 ans, est un athlète Sud Africain amputé des membres inférieurs. Il est né sans péroné ni cheville, à cause d'une malformation osseuse congénitale. A l’âge de 11 mois, il a dû être amputé sous les deux genoux et a donc appris à marcher avec des prothèses. Son handicap ne l’a jamais empêché de pratiquer des sports tels que le rugby, le water polo puis, plus tard, la natation et l’athlétisme. Pour lui, son amputation n’a jamais été un handicap : « Je ne suis pas invalide, simplement je n’ai pas de pieds », « En outre, tout le monde a une certaine invalidité… les pires sont celles de l’esprit ».

 Aux jeux paralympiques d’Athènes en 2004, le jeune homme a gagné la médaille d’or sur 200 mètres et de bronze sur 100 mètres, remportant du même coup deux nouveaux records de Monde. En 2007, après une progression fulgurante, il a terminé à la 2ème place du 400 mètres des championnats sud-africains pour valides. Oscar Pistorius devient un vrai phénomène puisqu'il a battu plus de vingt fois ses propres records du monde en 100, 200 et 400 mètres dans les catégories simple ou double amputé. Ces performances extraordinaires commencent à susciter la jalousie. En 2007, l’IAAF (Association Internationale des Fédérations d'Athlétisme) décide de fixer une nouvelle règle « interdisant aux athlètes tout dispositif technique comprenant des ressorts et des rouages ou tout autre élément qui confère un avantage à un athlète par rapport à celui qui n’en utilise pas»


« The Blade Runner »

 

extrait de diaporama

 Oscar Pistorius et ses prothèses

 

 Après les jeux d’Athènes, il fait savoir à la Fédération son désir de participer aux prochains jeux Olympiques avec les valides. L’IAAF s’y est opposée. Ce n’est pas tant du point de vue de l’éthique mais plutôt de la technique que se pose le problème. En effet, Oscar court avec des prothèses en fibres de carbone et fabriquées par une société Islandaise (chacune coutant 20 000 euros).


«Si on me prouve que mes Cheetah, mes jambes de course, me donnent véritablement un avantage, alors j’arrêterai.» O. Pistorius


Une enquête a été commandée pour savoir si elles ne constituaient pas un avantage par rapport aux valides et notamment savoir si le rebond est né de la flexion des lames de carbone ou du sportif. Le rapport conclut que grâce à ces prothèses, Oscar peut courir à la même vitesse que les valides en utilisant 25% d'énergie en moins. L'avantage mécanique de la lame, par rapport à la cheville, est de plus de 30%. En outre, il est capable de courir les 200 derniers mètres d'un 400 mètres plus rapidement que les 200 premiers («negativ split»), ce qui est physiquement et physiologiquement impossible à un être humain pourvu de ses deux jambes. L'acide lactique s'accumule en effet dans les tissus des muscles. Dans le muscle, lors de la respiration cellulaire, les mitochondries rejettent des déchets dont l'un est cet acide. Lors d'un effort intense et prolongé comme une course, les cellules du muscle risquent de manquer d'oxygène. Pour pallier à ce manque, elles vont produire une réaction appelée fermentation cellulaire. Cette réaction produit beaucoup d'acide lactique et celui ci s'accumule dans le muscle ce qui le rend beaucoup plus rigide et rend l'effort plus difficile; il s'accompagne d'une sensation de fatigue. Cet acide peut empêcher une bonne libération de calcium dans la cellule ce qui peut entrainer une crampe. Pour un sportif valide, plus l'effort perdure, plus la quête de vitesse est difficile. Oscar, n'ayant pas ce problème dans toute la jambe, il serait moins fatigué. L’IAAF l'a prié de se mesurer aux invalides. Ce dernier a contre attaqué en faisant parvenir un rapport du professeur de Cologne à Ossur. Selon lui, les lames apporteraient plutôt des inconvénients, liés aux problèmes d'équilibre en pleine vitesse de course. Puis il saisit le TAS (Tribunal Arbitral du Sport) qui conclut que, seulement pour le cas d’Oscar Pistorius, les lames ne donnent pas d’avantage. Finalement, la Fédération accepte la décision du TAS. Ilpeut donc participer aux jeux avec les valides. Seulement, il n’a pas réussi à se qualifier pour les jeux de Pékin.

 

Il n’est donc pas arrivé à égaler la performance des valides, mais un jour, ce sera certainement possible. Les sportifs invalides compensent un moins (leur handicap); par un plus (le matériel). Ensuite, il faut que les deux (handicap et matériels) forment un équilibre, afin de ne pas apporter d'avantage aux coureurs handicapés par rapport aux valides. Est-ce qu’un sportif handicapé, ayant des performances inférieures, peut arriver à avoir le même voire le meilleur résultat face à un valide ? Oui, c’est possible, mais le tout est de savoir si le matériel compense le handicap ou s’il l’avantage. Les avancées techniques devront probablement s’intéresser plus particulièrement à l’adaptation des prothèses en fonction des capacités que le sportif aurait s’il avait ses membres. Pourquoi ne pas essayer de reproduire ses « jambes invisibles » par des prothèses ayant les mêmes compétences ? Ou, s’il ne lui en manquait qu’un, adapter l’appareillage au niveau du membre existant pour que le matériel remplace cette absence sans rendre le sportif meilleur qu’il ne devrait l’être.



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