Les sports paralympiques pour aveugles

       Dans cette partie, nous évoquerons plutôt les sportifs de classe B1, car ceux des catégories B2 et B3 intègrent pour la plupart des structures de pratiques valides. Certains sports comme le basket restent inaccessibles, car le sportif ne peut pas savoir quand le ballon va arriver à sa hauteur . Seuls les sports où le ballon est à terre sont pratiqués. Certaines disciplines, comme le tir à l’arc, sont accessibles aux personnes atteintes de cécité mais ne font pas parties des jeux paralympiques.

Selon les sports, on peut envisager que les sportifs aveugles et les sportifs valides concourent ensemble, dans une même compétition.

       En effet, un certain nombre de disciplines (surtout celles pour lesquelles ce sont les sportifs qui se sont adaptés) auxquelles les aveugles participent nécessitent un guide. Toutefois celui-ci, en fonction de son rôle, n’intervient pas du tout dans les performances physiques proprement dite de l’athlète.

 

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Assia El’Hannouni et son guide, médaillé d'or sur 200 mètres

 

      L’athlétisme et plus particulièrement la course, est un des sports les plus populaires. Les courses vont du 100 m, jusqu'au marathon. Les athlètes de la catégorie B1 portent des lunettes occlusives noires homologuées et ils sont systématiquement guidés par un athlète voyant, le lien entre les 2 coureurs étant assurés par une cordelette. Il est, bien sûr, indispensable que le guide soit si possible plus performant que l'athlète, pour éviter, comme à Sydney, que le Kenyan Wanyoike Henry n'épuise complètement son guide lors du 5 000 m (vidéo:http://www.youtube.com/watch?v=qCQ9vGnN0vQ). Sur le plan du règlement, le sportif doit absolument passer la ligne d'arrivée en premier, sous peine de disqualification. Autre point du règlement, lors de la remise des récompenses : le guide ne fait qu'accompagner son athlète au pied du podium, n'étant pas lui-même médaillé. Dans les catégories B2 et B3, les sportifs suppléent souvent leurs déficits sensoriels et courent seuls. En course, on peut facilement imaginer les valides et les non valides courant ensemble. Une athlète française l’a déjà fait : Assia el Hannouni a couru sans guide sur un 800m lors d’un championnat de France. Elle se classe 5ème de la course, sachant qu’elle a parcouru plus de distance que les autres athlètes. En effet, pour ne pas les gêner, elle s’est placée dans le deuxième couloir et a donc parcouru environ 25m de plus que les autres. Cela est donc la preuve que les valides et les non-valides peuvent courir ensemble au point de vue de leur performances. Le seul problème qui persiste est celui de l’organisation. Il faudrait trouver un moyen pour qu’elle parcourt la même distance sans gêner les autres. La course en couloir est donc possible. Mais en peloton, c'est-à-dire que dans les courses de plus de 400m, cela parait difficile. Le sportif serait alors un danger pour les autres et pour lui-même.


 

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David Smétanine, médaillé d’or sur 50 mètres nage libre


  La natation est un sport facilement accessible aux aveugles car elle ne nécessite pas de matériel particulier. C’est l’adaptation à l’environnement bruyant et sonore d’une piscine qui rend la pratique difficile. Une fois cette gêne passée, la natation se pratique de manière traditionnelle. Les athlètes atteints de cécité peuvent donc parfaitement nager avec les voyants. Les seuls problèmes éventuels, seraient ceux liés au départ et aux virages. Le départ est annoncé par un coup de sifflet. Il est donc sonore et par conséquent la vue n’est pas essentielle. Ensuite, pour les virages, un simple signal alertant le nageur (son entraineur le touche avec une tige matelassée) est nécessaire. Ainsi, ni l’organisation, ni les performances sportives ne posent problème pour que les handicapés et les valides nagent ensemble. De plus, les records mondiaux des nageurs malvoyants sont comparables à ceux de leurs confrères non-handicapés.

L’aviron est un sport olympique depuis l’origine des Jeux olympiques modernes. L’aviron devient discipline paralympique en 2008 à l’occasion des Jeux de Pékin, avec quatre courses inscrites au programme pour trois classifications fonctionnelles : les sportifs paraplégiques hauts ou assimilés, les sportifs paraplégiques bas ou assimilés, polios, doubles amputés et enfin les autres sportifs présentant un handicap physique, visuel, moteur et/ou mental. Le sportif malvoyant peut donc aisément concourir avec les valides. On peut mélanger les déficients et les valides dans une même embarcation. La vue ne change en rien les performances de l’athlète dans ce cas. Seul l’aviron en épreuve individuelle peut être difficile d’accès, puisque le sportif ne voit pas où il se dirige.

La voile, permet déjà aux handicapés et aux non-handicapés de faire du sport ensemble. La fédération Française de voile à créé le « Miniji », embarcation qui permet aux valides et aux handicapés de courir ensemble sans aucune classification. Au niveau international, il y a deux catégories de voiliers: le Sonar, qui embarque trois équipiers et le 2.4mR, un voilier solitaire qui est une évolution du « Miniji ». Pour ce sport, l’âge des athlètes n’a guère d’importance, car l’expérience acquise au fil des années compense les moins bonnes conditions physiques. On peut donc espérer que par la suite, cette discipline évolue et qu’il y ait des classifications où les valides et les non-valides soient dans un seul et même classement.

Si pour certains sports, les valides et les handicapés peuvent concourir ensemble, pour d’autres, cela reste très difficile. En effet, ils ne peuvent pratiquer seuls certaines disciplines. Le cyclisme, par exemple, est obligatoirement pratiqué en tandem sur piste (vitesse, poursuite, kilomètre) ou sur route. Le guide est ici appelé "pilote". Les premiers championnats de France furent organisés en 1974 et les performances sont devenues, au fil des années remarquables, se rapprochant du haut niveau des valides. L'équipage peut être masculin, féminin ou mixte (masculin et féminin, quelle que soit la place occupée sur le tandem). Le tandem est lancé à près de 60 km/h sur piste. Le non-voyant doit donc faire une confiance absolue à son pilote, qui cette fois, sera médaillé avec son partenaire. Les courses sur route se disputent sur environ 120 km pour les hommes et 60 km pour les femmes.



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Joueurs de cécifoot


Pour d’autres disciplines, si l’on veut que sportifs valides et non-valides participent ensemble à un même sport, il faudrait désavantager les voyants. Ces disciplines sont celles spécialement crées pour les handicapés. On pourrait imaginer bander les yeux des voyants par exemple. Le cecifoot aussi appelé le foot 5x5 est une adaptation du football. Il est pratiqué soit par les B1 uniquement (à l'exception du gardien de but), soit dans des équipes mêlant des joueurs classés B2 et des joueurs classés B3 (sans joueurs B1). Le cecifoot est un sport dans lequel s'affrontent 2 équipes de 5 joueurs aux degrés de déficience visuelle différents. Leurs yeux sont recouverts d'un bandeau, afin de respecter l'équité sportive. Le cécifoot se joue avec un ballon spécial qui fait du bruit. Les limites du terrain son également sonorisées par un cordon équipé de grelots.


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Joueuses de Goalball

 

Le Torball et le Goalball sont deux jeux de balle, qui consistent à marquer des buts avec un ballon sonore. Ils s’adressent uniquement aux déficients visuels. Les équipes formées de trois joueurs et trois remplaçants sont mixtes. L’objectif consiste à faire rouler la balle avec les mains vers les lignes adverses et de marquer un but, tandis que les adversaires tentent d’empêcher l’action avec toutes les parties du corps.

Le judo est à part. En judo paralympique, les athlètes s'affrontent suivant des catégories de poids et non de classification visuelle. Ainsi, tous les athlètes de même catégorie de poids sont mélangés : B1, B2 et B3. Paradoxalement, la majorité des médailles d'or revient aux athlètes classés B1. Le travail d'équilibre, de coordination, de prise de conscience du schéma corporel, d'apprentissage en sécurité lors des chutes en font un remarquable sport pour les handicapés visuels. Les judokas voyants en situation de combat essaient de décrypter les jeux de force de leur adversaire par les sensations, beaucoup plus que par la vue. De ce fait, le judo est une activité sportive dans laquelle le non voyant pourrait se mesurer aux valides. Les surfaces de sol sont de textures différentes pour aider le pratiquant à se repérer. Cependant, si les valides et les non-valides pratiquent ensemble, un problème se pose. Certes, la vue n’est pas essentielle puisqu’ils décryptent au travers de leurs sensations les mouvements de l’adversaire. Mais le voyant a un léger avantage. Il voit les gestes de l’autre, et peut donc mieux les anticiper.

  Certains sports peuvent donc se pratiquer juste entre personnes qui ont le même handicap, de handicaps différents ou entre valides et invalides. Nous verrons maintenant un exemple de sportif atteint de cécité.   

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